|
D'abord, d'abord y le fou Lui qui est comme un poireau Lui qui se croit debout Lui qui a ses héros Monsieur tellement qu'il croit Ou tellement qu'il a cru Qui s'arroge le droit Mais qui est sans tribut Lui qui a complètement fui Et qui joue dans l'effroi Qui se fume toutes les nuits Dans un mauvais turbin Et qu'on retrouve catin Dans la nef sans ses billes Mou comme une bouillie Noir comme un ciel d'attaque Et puis qui s'aplatit
Et qui s'ouvre et s'élague Faut vous dire monsieur Que dans ces temps là On ne rime pas monsieur On ne rime pas; on frime Et puis y a l'apôtre Pour vous faire un aveu Qu'a à l'esprit son règne Qu'est mouvant comme une sphaigne Même qu'il sent la remise Des hangars vaporeux Qui a uni la bêtise Une bru des débiles Et qui ne se nenni De sa petite misère Avec son petit loto Avec son petit ego Avec ses petites photos Qu'aimerait bien vous plaire Mais qui ne plait pas du tout Faut pas jouer la triche Quand on est en dessous Faut vous dire monsieur Que dans ces temps là On ne rime pas monsieur On ne rime pas; on grime Et puis y a les nôtres
Les bons et les vauriens Qui devant restent quoi Et le silence hautain Durs comme l'épeautre Dans nos oreilles aboient Du regard de nos paires Qui taille en palissade Les mots de leurs marmots Bâfrer de paroles roides Et ça fait du blabla Et ça fait du blabla Et puis ça fait une paye Qu'on ne nous a pas livré Une chanson de rêve Vu les stars qui s'éveillent Et qu'on achète au pas De ces pubs qu'on imprime Faut vous dire monsieur Que dans ces temps là on ne rime pas monsieur On ne rime pas; on prime Et puis, et puis Et puis y a l'écho Qui me vient à l'oreille Me souffler un soleil D'un tout nouvel écho Même que sous son auvent Je retrouve la raison Au milieu de ses êtres Qui mielleux susurrent Et que tous prétendants Accoudés aux fenêtres Voudront ça je l'assure Avoir de ce salpêtre Parce qu'avant le trépas Parce qu'avant le trépas Les autres ils pensent comme ça Que c'est trop dur pour moi Que j'illustre au rebond la bave et le crachat Je honnis le crachat
Ou alors un instant Un seul j'ai apprécié D'émettre un mauvais son Enfin avant le trépas Enfin avant le trépas Parfois quand je me noie Je l'entends dans ses prés Avec ses vers brillants Elle dit qu'elle m'écrira Elle dit qu'elle m'ouvrira Se bras réconfortants Seulement un instant Alors moi je me noie monsieur Secrètement Parce que dans ces temps là Monsieur on ne rime pas On ne rime pas monsieur On ne rime pas mais c'est trop tard monsieur Pour retrouver l'émoi Eric Daveux©Amjele®Editions Librement inspiré de : Ces gens là (Jacques Brel)
|