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Ces temps là Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Eric Daveux   
D'abord, d'abord y le fou
Lui qui est comme un poireau
Lui qui se croit debout
Lui qui a ses héros
Monsieur tellement qu'il croit
Ou tellement qu'il a cru
Qui s'arroge le droit
Mais qui est sans tribut
Lui qui a complètement fui
Et qui joue dans l'effroi
Qui se fume toutes les nuits
Dans un mauvais turbin
Et qu'on retrouve catin
Dans la nef sans ses billes
Mou comme une bouillie
Noir comme un ciel d'attaque
Et puis qui s'aplatit
Et qui s'ouvre et s'élague
Faut vous dire monsieur
Que dans ces temps là
On ne rime pas monsieur
On ne rime pas; on frime
 
Et puis y a l'apôtre
Pour vous faire un aveu
Qu'a à l'esprit son règne
Qu'est mouvant comme une sphaigne
Même qu'il sent la remise
Des hangars vaporeux
Qui a uni la bêtise
Une bru des débiles
Et qui ne se nenni
De sa petite misère
Avec son petit loto
Avec son petit ego
Avec ses petites photos
Qu'aimerait bien vous plaire
Mais qui ne plait pas du tout
Faut pas jouer la triche
Quand on est en dessous
Faut vous dire monsieur
Que dans ces temps là
On ne rime pas monsieur
On ne rime pas; on grime
 
Et puis y a les nôtres
Les bons et les vauriens
Qui devant restent quoi
Et le silence hautain
Durs comme l'épeautre
Dans nos oreilles aboient
Du regard de nos paires
Qui taille en palissade
Les mots de leurs marmots
Bâfrer de paroles roides
Et ça fait du blabla
Et ça fait du blabla
Et puis ça fait une paye
Qu'on ne nous a pas livré
Une chanson de rêve
Vu les stars qui s'éveillent
Et qu'on achète au pas
De ces pubs qu'on imprime
Faut vous dire monsieur
Que dans ces temps là
on ne rime pas monsieur
On ne rime pas; on prime
 
Et puis, et puis
Et puis y a l'écho
Qui me vient à l'oreille
Me souffler un soleil
D'un tout nouvel écho
Même que sous son auvent
Je retrouve la raison
Au milieu de ses êtres
Qui mielleux susurrent
Et que tous prétendants
Accoudés aux fenêtres
Voudront ça je l'assure
Avoir de ce salpêtre
Parce qu'avant le trépas
Parce qu'avant le trépas
Les autres ils pensent comme ça
Que c'est trop dur pour moi
Que j'illustre au rebond
la bave et le crachat
Je honnis le crachat
Ou alors un instant
Un seul j'ai apprécié
D'émettre un mauvais son
Enfin avant le trépas
Enfin avant le trépas
Parfois quand je me noie
Je l'entends dans ses prés
Avec ses vers brillants
Elle dit qu'elle m'écrira
Elle dit qu'elle m'ouvrira
Se bras réconfortants
Seulement un instant
Alors moi je me noie monsieur
Secrètement
Parce que dans ces temps là
Monsieur on ne rime pas
On ne rime pas monsieur
On ne rime pas
mais c'est trop tard monsieur
Pour retrouver l'émoi
 
Eric Daveux©Amjele®Editions
 
Librement inspiré de : Ces gens là (Jacques Brel)
 
Dernière mise à jour : ( 14-06-2009 )
 
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